Fini l’intimité numérique pour les futurs étudiants étrangers aux États-Unis. Depuis juin 2025, le Département d’État impose aux demandeurs de visas étudiants de rendre publics leurs comptes de réseaux sociaux. Dans un communiqué l’ambassade du Maroc a indiqué, ce mercredi 16 juillet que cette mesure était “avec effet immédiat”.
Ce qui s’est passé :
Dans une communiqué, l’ambassade du Maroc a indiqué, ce mercredi 16 juillet : “Avec effet immédiat, il est demandé à toutes les personnes qui demandent un visa de non-immigrant F, M ou J d’ajuster les paramètres de confidentialité de tous leurs comptes de réseaux sociaux sur ‘public’ afin de faciliter la vérification nécessaire pour établir leur identité et leur admissibilité aux États-Unis selon la loi américaine”.
Cette directive concerne les visas étudiants (F), les programmes de formation professionnelle (M) et les programmes d’échange (J) pour les États-Unis. Elle exige que les demandeurs rendent leurs profils de réseaux sociaux publics pendant le processus de demande de visa.
Cette obligation s’est accompagnée dans un premier temps d’une suspension temporaire des rendez-vous consulaires pour ces catégories de visas, le temps que les services américains adaptent leurs procédures de vérification. Une suspension qui a été levée depuis quelques semaines.
Effective immediately, all individuals applying for an F, M, or J nonimmigrant visa are requested to adjust the privacy settings on all of their social media accounts to ‘public’ to facilitate vetting necessary to establish their identity and admissibility to the United States… pic.twitter.com/INsse0nGvQ
— U.S. Embassy Morocco (@USEmbMorocco) July 16, 2025
Quel est le contexte ?
Dans un contexte de renforcement des standards de sécurité nationale en matière d’attribution des visas, cette mesure, a été annoncée par le Département d’État américain en juin 2025.
Elle s’inscrit dans une politique migratoire américaine de plus en plus restrictive, amorcée sous l’administration Trump et poursuivie sous différentes formes depuis.
Cette nouvelle directive représente l’aboutissement logique de cette évolution : après avoir demandé les identifiants, puis l’historique des comptes, les autorités américaines franchissent un cap en exigeant la transparence totale. Cette escalade reflète une approche où la sécurité nationale prime sur les considérations de vie privée, dans un contexte géopolitique tendu où les États-Unis cherchent à contrôler plus étroitement les flux migratoires, notamment étudiants, perçus comme des vecteurs potentiels d’espionnage ou d’influence étrangère.
Pourquoi ça compte ?
Cette nouvelle exigence s’inscrit dans une tendance plus large de numérisation et de surveillance des procédures migratoires. Elle témoigne d’une évolution profonde dans la conception de la sécurité nationale, où la vie privée numérique devient un luxe que les candidats à l’immigration ne peuvent plus se permettre.
Pour les millions d’étudiants internationaux qui rêvent des campus américains, le message est clair : votre intimité numérique est le prix à payer pour accéder au “rêve américain”. Une équation qui redéfinit fondamentalement les rapports entre sécurité, mobilité et libertés individuelles à l’ère numérique.
Au-delà de la surveillance, cette directive soulève des questions de discrimination. Comment les agents consulaires interpréteront-ils les publications en langues étrangères ? Quels critères appliqueront-ils pour juger du caractère “problématique” d’un contenu ? Les risques de biais culturels et religieux sont réels.
Ce qu’ils ont dit :
La porte-parole du département d’État, Tammy Bruce, avait justifié cette mesure, en juin dernier, en affirmant que les États-Unis prennent très au sérieux le processus d’examen de tous ceux qui entrent sur leur territoire. L’objectif affiché est de s’assurer que les étudiants étrangers respectent la loi et n’ont pas d’intentions criminelles, indépendamment de la durée de leur séjour.
